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L’Alliance PEC et la restauration collective

Pourquoi l’Alliance PEC Isère souhaite-t-elle modifier les pratiques courantes de la restauration collective ?

Les militants d’Alliance comme la plupart des personnes qui y sont sensibles ont constaté la dégradation globale de la qualité des services de restauration collective. Nous avons essayé de trouver quelques unes des raisons de cet état de fait :

  • Souvent la restauration n’est pas le cœur du métier des collectivités qui en sont responsables : le chef d’établissement scolaire est soucieux d’éducation et ne considère pas, le plus souvent, que nourrir les élèves fait partie de leur éducation et peut influer sur leur santé, voiresur leurs résultats scolaires ; la circulaire de juin 2001 qui rappelle quelques bons principes est même le plus souvent oubliée.
  • Pour le chef d’entreprise : le restaurant d’entreprise est souvent un moyen de réduire la pause repas et constitue un avantage négocié avec les salariés.
  • Le milieu médicosocial, malgré d’heureuses et brillantes exceptions, est traditionnellement peu au fait des liens alimentation et santé. Le Programme National Nutrition Santé est le premier texte officiel où ces deux mots nutrition / santé sont réunis ; mais les pressions diverses des industries agroalimentaires visent à lui retirer toute efficacité.

Tout ceci perdure dans un contexte où, selon un baromètre officiel qui date de 1996 (Mais, les résultats seraient ils différents aujourd’hui ?) :

  • 72 % des français estiment avoir une alimentation équilibrée (dont 7% très équilibrée)
  • 60% s’estiment bien informés (dont 10% très bien informés) alors que la réalité des enquêtes montre que seulement 3% respectent les fourchettes de l’équilibre alimentaire et que seuls 14% des enquêtés ne consomment pas trop de lipides (La comparaison avec d’autres enquêtes européennes semble indiquer que les français sont les plus mauvais élèves de l’UE en matière de connaissance alimentation et santé.) Quant à la connaissance de la composition des produits et de la différence de composition entre produits bio et non bio : aucune enquête n’est aujourd’hui connue mais les résultats seraient sans doute identiques.

Dans ce contexte, malgré les deux conférences fort riches et organisées/animées en 2002 et 2003 par l’Alliance PEC Régionale Rhône Alpes, l’ampleur du problème nous dépasse.

Nos objectifs, aujourd’hui se limitent à :

  • L’application de la directive de 2001 en restauration scolaire,
  • La prise en compte du Programme National Nutrition Santé,
  • Une réflexion sur le thème : ce n’est pas parce que les produits bio sont plus chers que manger bio est plus cher (l’équation manger bio = manger cher est inéluctable si on se contente de remplacer du sucre conventionnel par du sucre bio, de la viande d’élevage industriel par de la viande bio, etc…). Manger bio et pas cher est possible si :

1. On diminue dans son alimentation la part des aliments tout prêts issus de l’agrobusiness : pain complet -fromage, riz complet inspiré du riz cantonnais sont des repas rapides… ; le couscous est plus long à préparer mais on peut en faire pour plusieurs fois, etc…

2. On diminue la quantité de produits à base de lait et de viande dans la ration, qui nuisent au budget (dans tous les milieux mêmes les plus en difficulté : l’observatoire de la précarité note, dans ce public, une consommation globale de protéines très largement suffisante, une carence majeure de légumes secs et frais et de fruits et une surconsommation de sucres et de graisses) et à la santé (obésité, diabète, insuffisance rénale …)

3. On augmente la part des aliments riches en fibres et bios dans la ration : on constate que leur richesse en fibres, minéraux, vitamines et leur temps de mastication les rendent très rassasiants, en plus des effets bénéfiques sur la santé.

Ce sont ces quelques objectifs partiels que nous défendons aujourd’hui.

La campagne Manger BIO et autrement la cantine du Conseil Général de l’Isère n’a pas non plus atteint les objectifs ambitieux qu’elle s’était fixée : introduire régulièrement et progressivement des produits bios dans les cantines afin que l’habitude et le goût des jeunes et de leur encadrement fassent boule de neige, à l’instar du mouvement italien. De trop rares collèges ont introduit une ou deux fois par semaine du pain ou un autre produit bio sans vraiment remettre en cause leur conception de la cantine.

Aujourd’hui, la campagne continue avec des repas bio ponctuels, des visites d’exploitation et quelques animations.

Pour sa part Alliance Isère propose « les tables de découverte » : rapide présentation de l’alimentation équilibrée et saine, de l’agriculture bio et dégustation de pains bio et de fromages ou fruits de saison pour les faire découvrir et aimer : le pain complet et le bleu de Sassenage font un malheur !

Moins d’une dizaine de collèges ont participés à ces tables de découverte avec d’heureuses exceptions (Vif ou Champfleury à Bourgoin-Jallieu, où nous en sommes à la 3ème année et où la réflexion s’y développe malgré les a priori et les mouvements de personnel.

Le Conseil Général de l’Isère édite un « Guide pour agir » envoyé à tous les collèges, où les propositions gratuites pour les établissements (financées par le Conseil Général) sont présentées.

A noter que nos propositions à l’intention des adultes rencontrent peu de succès. Nous nous heurtons sans doute à la l’illusion que chacun sait comment se nourrir et à la difficulté d’animation de « l’équipe éducative » d’observation.

La situation française n’est cependant pas celle de l’Angleterre : vous avez sans doute vu dans les médias, la réactions de mères de familles anglaises apportant des frites et autres produits gras à leurs enfants à travers les grilles des établissements scolaires pour réagir à la décision du gouvernement de diminuer la quantité de graisses dans les menus des cantines.

Des actions ponctuelles peuvent avoir auprès :

  • des municipalités pour les crèches et écoles primaires
  • des départements pour les collèges
  • des Régions pour les lycées, qui restent maîtres de leurs restaurations scolaires ; mais dès qu’il y a concession à un grand groupe, cela devient beaucoup plus compliqué.

Malgré les difficultés, nous continuons d’essayer d’influencer ce milieu car il exerce un rôle de modèle prescripteur pour certaines familles : ce qui est mangé à la cantine ne peut pas être mauvais pour les enfants. En même temps c’est un lieu d’expérimentation pour les produits de l’agrobusiness les plus contestables (riches en graisses, en sucres, en arômes artificiels formant (déformant ?) le goût des enfants)…

Alliance PEC Isère, juillet 2007

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