La question nous est souvent posée : tous les producteurs partenaires d’AMAP sont-ils certifiés bio ?
Non.
Chacun sait que nous manquons de producteurs bios en France et que la plus grande partie de ce que nous consommons est importée. En Isère, c’est le même constat.
Cela résulte parfois d’une volonté de l’agrobusiness, comme dans le cas du lait bio importé provenant de très grosses structures étrangères plus facile à contrôler (dans tous les sens du terme). Pour les transnationales de l’industrie laitière, ce lait bio importé est certainement plus facile à collecter que du lait bio de montagne…
Cela résulte aussi de difficultés à produire bio car il y a moins de techniciens pour aider cette filière que dans bien d’autres. Dans cette optique, l’Alliance a soutenu la démarche de CORABIO (http://www.bio-rhone-alpes.org/) d’aide de la région pour financer un poste supplémentaire de technicien conseil au maraîchage bio.
Alliance PEC Isère organise ainsi des visites participatives chez le paysan lors de la mise en relation avec les AMAP voulant le soutenir dans sa démarche.
Ces visites favorisent la transparence et permettent une démarche de changement vers une agriculture paysanne et biologique en coopération avec des consom’acteurs-citoyens engagés solidairement avec le paysan.

Mais le label AB est propriété du ministère de l’agriculture (comme le label communautaire de la commission européenne) et non des producteurs. Cette difficulté s’illustre dans des négociations autour du cahier des charges, comme la modification qui a permis d’aligner à terme la pollution par les OGM à 0,9% dans le bio comme dans le conventionnel.
Un mode de production fruitière qui nous est cher - la lutte biologique intégrée - qui utilise la biodiversité pour limiter les attaques de microorganismes ou d’insectes est totalement ignoré de nos certificateurs.
Parmi les AOC certaines sont totalement garantes de la qualité des produits. D’autres cherchent à composer et à rendre la vie de consommateurs difficiles : ex. camembert, camembert fabriqué en Normandie, camembert AOC de Normandie sont des produits très différents.
Les contrôleurs ECOCERT, QUALITE France ou les autres ne sont pas des conseillers en bio. Il vérifient le respect du cahier des charges et délivrent ou non le label.
Ce label certifie un certain nombre de pratiques agricoles mais pas l’éthique du producteur vis-à-vis de son personnel, de son respect de la terre, des autres agriculteurs, des consommateurs etc.… C’est pourquoi à coté du label certifié AB garanti par le ministère de l’agriculture, on trouve encore des mentions comme Nature et Progrès, DEMETER,… qui caractérisent des groupements de producteurs unis non seulement par une même pratique agricole mais aussi par une même vision de l’agriculture.
Les AMAP sont des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne et les valeurs de l’agriculture paysanne (voir les 10 principes dans la Charte de l’agriculture paysanne) semblent aussi importantes que les garanties attachées par le label AB au mode de production.
L’ARDEAR (Association Régionale de Développement de l’Emploi Agricole et Rural) peut réaliser des diagnostics pour aider l’agriculteur à se situer par rapport à cette charte : [1]
L’important pour une production agricole est le respect des équilibres écologiques : sélectionner des cultures en fonction du sol, du climat, maintenir les haies, les mares, et les réservoirs divers de biodiversité, supprimer les pesticides et autres OGM qui les supportent ou les produisent.
[1] http://www.confederationpaysanne.fr