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La qualité & le prix

La fixation du prix

Le principe de transparence concerne en premier lieu, le prix, qui varie, pour un panier de légumes, entre 10 et 15 € autour de Grenoble.
Comment ce prix a-t-il été calculé ? S’agit-il d’un prix « juste », voire « équitable » ? Le producteur doit pouvoir justifier le coût en permanence, c’est un des aspects fondamentaux de la transparence.
Le prix résulte d’une négociation entre le groupe et le producteur, il n’est donc significatif que pour l’AMAP elle-même, et non pas pour les autres. Il ne faut pas comparer les prix des paniers d’une AMAP à l’autre, d’un producteur à l’autre. D’ailleurs, en ce qui concerne les paniers de légumes, il est possible d’observer que beaucoup d’AMAP sont parties sur l’idée de faire des paniers de 10 et 15€. Cela a constitué une sorte de norme que toutes les AMAP ont suivi progressivement. Cela est-il pertinent ?

De manière générale, le prix du panier a été fixé par le producteur, par rapport aux prix qu’il pratique sur le marché, auquel il applique une réduction de 5 à 20% du fait des gains réalisés et des pertes évitées, liés à l’organisation du partenariat AMAP. Ces gains sont liés au faible transport, au retour des emballages et au bénévolat. Certains maraîchers bios utilisent la base Mercuriale, diffusée à ses abonnés (des producteurs bio). Pour les fruits, voire parfois les œufs, le prix a été fixé par rapport au marché de gros. Il arrive aussi que les producteurs s’appellent les uns les autres pour discuter des prix.
Le poids n’est pas un critère suffisant pour fixer le prix : tous les légumes n’ont pas la même densité, tous les morceaux de viande n’ont pas la même qualité, tous les fromages n’ont pas le même affinage…
Ainsi, tous les producteurs ont fixé le prix des paniers de la même manière, mais certains expliquent qu’un outil de « formation du prix » serait intéressant, même si peut-être trop difficile à mettre en place. En effet, ce n’est pas forcément évident de déterminer un prix, surtout pour les producteurs qui s’installent. Il faut parvenir à un prix rémunérateur pour le producteur et abordable pour le consommateur. Pour cela, le producteur doit connaître ses coûts de production.

Exemple du RI de l’AMAP Mange cailloux

Les membres du groupe acceptent le principe du lissage sur la durée du contrat. En effet, il peut y avoir des variations saisonnières dans la valeur des paniers, liées aux aléas de la production : le prix d’un panier est donc fixé en début de contrat et correspond à la valeur moyenne du panier. La variation de cette valeur pourra donner lieu à des échanges collectifs avec chaque producteur.

Autres questions autour du prix

Certaines AMAP réalisent des relevés de prix hors AMAP, pour les mêmes produits, certifiés en bio ou pas. L’objectif est de savoir à quel niveau se situent les prix en AMAP par rapport à ceux des autres moyens de commercialisation. Ces relevés de prix hors AMAP se font de manière informelle et non coordonnée entre les AMAP ; il serait bon de mutualiser ces travaux entre les AMAP de la région. Il apparaît que les prix en AMAP sont moins élevés. Les producteurs confirment d’ailleurs cette idée : en général, un panier atteint une valeur plus importante que ce qui est payé (surtout pour les légumes). Certains producteurs donnent l’équivalent prix du marché du panier, pour montrer la différence de prix aux consommateurs ; la plupart le font de manière épisodique pour ne pas réintroduire cette relation basée sur un prix qui disparaît grâce au préfinancement.

Le prix est fixé après discussions entre les consommateurs et le producteur. Cependant, certains producteurs déplorent le fait que des consommateurs cherchent malgré tout à tirer les prix vers le bas. Malgré l’idée de confiance, de transparence, ils cherchent à aller vers le moins cher possible. Cela pose la question de la relative fragilité du système, dans la mesure où il repose sur la volonté de ses acteurs : si ces derniers ne conservent pas l’esprit qui est à la base du système, le risque est réel de voir le système dériver.

Les prix des paniers sont fixés à un certain niveau aujourd’hui, mais il est évident que d’ici 3-4 ans, les prix des paniers devront évoluer compte tenu de l’inflation et de l’évolution du coût de la vie. Pour ce faire, ne faudrait-il pas se baser davantage sur les coûts réels de la production ? Cette idée rejoint celle de la mise en place d’un outil de calcul des prix, qui soit davantage indépendant des prix du marché.

La transparence : la fixation des prix

Les méthodes utilisées pour la fixation des prix sont, à l’initiative du (des) paysan(s) et en partenariat avec l’AMAP :

- Dans le cas de fermes "fragiles" (installation, changement de production, tentative de sauvetage d’une faillite, conditions de production difficiles) et dans l’urgence, on applique les prix locaux. On peut aussi se référer aux Mercuriales du Ministère de l’Agriculture ou s’adresser à Corabio (abonnement aux relevés de prix).
- Lorsque le paysan réalise des économies par rapport à ses autres systèmes de production - vente, il peut proposer d’appliquer un "abattement" lié à cette économie réalisée en l’identifiant (bénévolat lors des distributions, taille importante de l’AMAP, trajets, emballages retournés…).
- Calcul en fonction des charges de l’exploitation (objectif : atteindre au moins le « revenu de référence » départemental lié à la capacité de production du paysan et à son temps de travail). Cette méthode nécessite des compétences en comptabilité – gestion des exploitations agricoles. Elle est recommandable dans le cas où le(les) paysan(s) partenaire(s) commercialise 100 % de ses produits en AMAP. Elle est donc à utiliser avec prudence.

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